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Environnement | Focus
Gazon maudit
Peu écologique, énergivore et gourmande en eau, la pelouse se retrouve au banc des accusés
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Photo d’archives
Le potager en façade peut remplacer la pelouse. Cette solution a été popularisée par un couple de Drummondville, Michel Beauchamp et Josée Landry, qui ont même forcé la municipalité à revoir sa réglementation.
Isabelle Maher
Samedi, 29 juin 2013 17:28
MISE à JOUR
Samedi, 29 juin 2013 19:31
Coup d’oeil sur cet article
Née au 18e siècle en Angleterre, la pelouse était jadis réservée aux nobles capables de s’offrir le personnel nécessaire pour veiller à son entretien. Aujourd’hui, le «beau gazon vert» devant les chaumières demeure un symbole de réussite sociale en Amérique du Nord. Mais certains remettent en question ce culte de la pelouse.
Née au 18e siècle en Angleterre, la pelouse était jadis réservée aux nobles capables de s’offrir le personnel nécessaire pour veiller à son entretien. Aujourd’hui, le «beau gazon vert» devant les chaumières demeure un symbole de réussite sociale en Amérique du Nord. Mais certains remettent en question ce culte de la pelouse.
Une journée, parfois deux, peut-être trois… C’est le temps que consacre Hans Walser à tondre les deux acres et demi de pelouse autour de sa maison de Mansonville, dans les Cantons de l’Est. Toutes les deux semaines, l’homme taille et soigne patiemment ce qui pour lui, représente une immense source de fierté.
«Une pelouse, c’est quelque chose qui doit s’entretenir extrêmement bien. C’est une question d’esthétisme, une façon de vivre, ça fait partie d’un ensemble et le résultat est superbe», se félicite le retraité.
Tondre, arroser, semer, désherber, mettre de l’engrais… Une routine rigoureuse qui ne convient pas à tous.
«Une belle pelouse, c’est autant d’entretien qu’un malade aux soins intensifs», ironise la biologiste Édith Smeesters.
Accros aux pelouses
Auteure du Guide du jardinage écologique, cette pionnière de l’horticulture écologique se targue d’avoir eu la plus belle pelouse de son quartier de banlieue sans pour autant y consacrer tous ses temps libres ni nuire à l’environnement. Deux aspects auxquels les parents de jeunes familles sont sensibles, observe-t-elle.
«Les baby-boomers sont très difficiles à convertir. Ils veulent des pelouses vertes et ne croient pas aux dangers des pesticides.
«Les jeunes sont plus attentifs à l’apparition de toutes sortes de problèmes de santé, stérilité, allergies et cancer. Ils ont tendance
à jardiner d’une façon plus saine», croit Edith Smeesters.
En Amérique du Nord, 99 % des pelouses sont composées de pâturin des prés (ou du Kentucky), une variété d’herbe propice à la formation de pissenlits, ajoute-t-elle. «La pelouse est une monoculture capricieuse.
Pour plusieurs, l’utilisation de produits toxiques est incontournable, ce qui entraîne la pollution de l’air et des cours d’eau.»
Mêlant pour le consommateur
Depuis avril 2003, un Code de gestion des pesticides est entré en vigueur au Québec. Ce règlement interdit la vente et l’application sur les surfaces gazonnées privées et publiques de produits contenant 20 ingré?dients actifs, considérés comme étant les plus nocifs pour la santé? et l’environnement.
«Le problème, c’est qu’il n’existe aucune certification pour les biopesticides, c’est carrément du marketing. Quand on lit la liste des ingrédients, ce n’est pas très bio. Difficile pour le consommateur de s’y retrouver», explique Annick Girard, chargée de projet en éducation pour Équiterre.
La réglementation québécoise en matière de pesticides a été dépassée par d’autres provinces comme l’Ontario, qui interdit une centaine d’ingrédients nocifs depuis 2009, et la Nouvelle-Écosse depuis 2011.
En attendant que Québec resserre son Code de gestion des pesticides, les amateurs de belles pelouses doivent se responsabiliser, croit Édith Smeesters
«On critique les agriculteurs pour leur usage des pesticides, mais personne ne dépend de la culture du gazon pour vivre», conclut-elle.
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